
Comment a démarré l’entreprise Kalori ?
Christian Micollet : L’entreprise a été créée en 1993 par Marcel Perez qui possédait une grande expérience en chauffage pour véhicules industriels. En 1994, Marcel m’a demandé de le rejoindre pour assurer le développement commercial de Kalori. Je suis donc devenu co-dirigeant de la société puis dirigeant lorsque Marcel a pris sa retraite en juin 2006.
Quelle est la spécificité de Kalori ?
CM : Kalori conçoit et produit des systèmes de chauffage et de climatisation pour des véhicules spéciaux fabriqués en petites et moyennes séries. De par notre petite structure, nous ne sommes pas compétitifs sur des productions de masse. Par contre, notre réactivité, notre flexibilité et notre agilité technique nous permettent d’être bien placés sur des niches comme les TP et agricoles, les voiturettes ou les véhicules électriques. Notre force est de coller aux besoins client grâce à une écoute active, un service R&D réactif et un circuit de production court. Cette capacité à innover vite et juste fait souvent la différence !
En créant une filiale en Chine, avez-vous l’intention de délocaliser votre production ?
CM : Non, car je pense qu’à terme, l’importation de produits asiatiques va perdre de l’intérêt ! Cette filiale a été créée avant tout pour nous développer sur le marché chinois avec des produits compétitifs répondant au standard européen. Et même si certains produits destinés au marché européen sont fabriqués en Chine, nous développons la production en France avec des investissements importants comme l’adoption du lean manufacturing ou la mise en place d’écrans tactiles sur nos postes de montage. Le site chinois vient donc en complément du site français, pas en substitution.
Pourquoi avoir développé votre propre chambre climatique d’essais en 2006 ?
CM : C’est un gros plus pour une entreprise comme la nôtre. C’est un outil idéal pour démontrer ou comparer in situ les performances de nos produits. Nous réalisons des tests en conditions extrêmes avec des T°C pouvant varier entre – 40°C et + 60°C, une humidité relative jusqu’à 100 % et un ensoleillement de plus de 1200 W/m2. Notre chambre génère aussi du business puisque nous la mettons à disposition des entreprises pour tester leurs produits ou prototypes.
Quelles sont vos perspectives de développement ?
CM : Malgré la crise, nous continuons de gagner des marchés sur certains secteurs comme les TP et agricoles. À l’international, nos ventes se développent en Europe, aux USA, en Australie et en Afrique du Sud. Des signes qui nous incitent à aller de l’avant en poursuivant nos efforts en R&D. Nous avons aussi à cœur de continuer à élargir notre gamme pour devenir incontournable. C’est le prix à payer pour rester compétitif !
Que vous apporte votre adhésion à LUTB ?
CM : Avoir un pôle de compétitivité comme LUTB à 2 pas de chez nous est une chance ! Notre adhésion exprime une volonté de soutien au développement industriel de la région. LUTB nous offre la possibilité de rester en veille sur nos métiers et aussi d’échanger avec des industriels ou des chercheurs. C’est intéressant pour nous de tisser des liens avec tous ces acteurs. Cela nous aide à enrichir notre approche et à maintenir notre avantage concurrentiel.





Pouvez-vous nous dresser un bref historique de votre entreprise ?
Serge Capitaine : STEF-TFE est née de la fusion de STEF, société d’entreposage, filiale de la SNCF, fondée en 1920, et de TFE, entreprise de transport créée en 1964. Jusqu’en 1993, nous étions filiale de la CGM, entreprise publique. En 1993, le groupe a été privatisé avec un rachat par ses salariés. Ce modèle perdure aujourd’hui et reste un élément constituant fort de notre culture. En 1996, le groupe prend le nom de STEF-TFE.
Quelles sont les spécificités et les forces de votre groupe ?
SC : Nous sommes sur un créneau très pointu – la logistique des produits agroalimentaires sous température dirigée – qui englobe 3 métiers : les transports, la logistique et les systèmes d’information. L’exigence de la chaîne du froid est telle, avec les normes à respecter, qu’elle nous impose l’excellence à tous les niveaux, humains et matériels. Un challenge permanent !
Sur votre site, le « développement durable » est mis en avant. En quoi fait-il partie intégrante de votre stratégie ?
SC : Le développement durable est certes « tendance » aujourd’hui mais chez nous, c’est tout sauf une mode ! Depuis longtemps, nous œuvrons pour concilier l’économique, le social et l’environnemental. Nous misons sur une approche pragmatique en intégrant le développement durable dans tous les projets opérationnels du groupe avec un coordinateur qui anime un comité de pilotage transversal. Ceci nous permet d’être plus réactif dans la mise en œuvre. Par exemple, tous nos véhicules seront compatibles à la norme EURO 5 dès la fin 2011, ce qui nous donne une longueur d’avance sur nos concurrents.
Quels sont vos chantiers prioritaires dans ce domaine ?
SC : Nous avons un projet de « logistique urbaine » dédié au problème de massification des flux en zone urbaine. L’idée est de créer des plateformes de proximité en relais sur les grandes métropoles avec des véhicules moins polluants et plus silencieux pour la livraison intra muros. Des plateformes-pilotes sont prévues d’ici à 2013 sur Paris et Lyon. Nous étudions aussi avec L’Air Liquide la mise en circulation de véhicules équipés de groupe cryogénique consommant 75 % de CO2 en moins que la normale. Globalement, notre objectif est de passer d’une logique « produit » à une logique « solution » intégrant la technique, l’environnement, l’humain, l’urbanisme, la réglementation… avec au final, la perspective d’un réel gain économique. Le fait que notre capital appartienne aux salariés nous incite au développement raisonné… Une vraie force !
Nadège Doubinsky, vous êtes l’interlocutrice de LUTB sur Lyon. Que vous apporte ce partenariat ?
NL : LUTB nous permet d’approcher de nombreux acteurs différents du transport et d’avoir une vision plus globale de notre métier. C’est une mine d’or en matière de veille technologique. La renommée du pôle est intéressante car elle valorise l’entreprise et nous positionne en pointe dans notre secteur. Concrètement, nous collaborons sur divers projets autour de la mobilité dans les zones urbaines tels que City Fret ou Celsius. Un partenariat très fructueux donc !




