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ENTPE – JEAN-BAPTISTE LESORT

« Développer les synergies entre écoles et entreprises, c’est un enjeu d’avenir majeur pour l’association ! »

Directeur de l’ENTPE depuis 2010, Jean-Baptiste LESORT est également Président de l’AGERA (Alliance des Grandes Ecoles Rhône-Alpes) qui regroupe 38 grandes écoles d’ingénieurs, de management, d’architecture et autres publiques et privées. En parallèle de ses activités principales, M. LESORT occupe la fonction de Vice-Président LUTB-RAAC en charge de la Recherche & Formation. L’occasion de faire le point sur ce volet au sein du pôle et d’évoquer les liens existants entre écoles et entreprises. Parole d’expert !

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Vous êtes Vice-Président de LUTB RAAC en charge de la partie Recherche et Formation… Pourquoi cet engagement ?
À l’origine, le pôle LUTB-RAAC a été créé en lien étroit avec des constructeurs de véhicules lourds, type Renault Trucks ou Iveco. Au fil du temps, sa mission a évolué de plus en plus vers une vision globale des systèmes de transport et de leur environnement. Il se trouve qu’à l’ENTPE, la section « Transport et Aménagement Durable du Territoire » est en plein développement. D’où une vraie logique de nous rapprocher pour travailler sur des projets d’études commun en lien avec l’industrie… et d’où ma volonté, dès mon arrivée à la direction de l’ENTPE en 2010, de m’impliquer activement au sein du pôle ! Les synergies me paraissaient évidentes et forcément enrichissantes.

Quel type d’actions et projets avez-vous initié avec le pôle ?
La cause première de mon engagement au sein du pôle est d’œuvrer au rapprochement entre enseignement supérieur et industriels. Nous avons déjà développé différentes actions de recherche avec le pôle à l’ENTPE, à travers le LICIT notamment – le laboratoire mixte ENTPE/IFFSTAR. Avec mes homologues de l’enseignement supérieur, nous avons souhaité aller plus loin en créant en 2011 – à l’initiative de LUTB-RAAC – l’ITMU (Institut des Transports et de la Mobilité Urbaine). L’ITMU regroupe des partenaires académiques (Universités LYON I et LYON II – LAET, INSA, ENTPE, ECAM, IFPEN, IFSTTAR, ECL, Institut Carnot-I@L…) et des industriels (Renault Trucks Volvo, Iveco, Keolis, EDF…) La spécialité de la mission de l’ITMU est de développer une approche systémique de la mobilité urbaine durable en croisant les expertises entre sciences de l’ingénieur, sciences humaines et sociales et sciences économiques. Nous avons ainsi organisé des événements tels que les « Journées Doctorales Mobile Cité » et la « Journée de la Mobilité Urbaine » qui regroupent différents partenaires de l’enseignement, de la recherche et de l’industrie. Nous avons également déposé un dossier de candidature commun dans le cadre d’un projet IDEX (Initiative d’Excellence) sur le thème « Mobilité Transport ». Les projets IDEX font partie des « Investissements d’Avenir » initiés par le gouvernement, dont le but est de créer en France des ensembles pluridisciplinaires d’enseignement supérieur et de recherche de rang mondial. Notre projet a été déposé en décembre 2015 et nous attendons une réponse fin 2016. Si ce projet est retenu, nous serons « labellisé IDEX » avec des subventions à la clef nous permettant de financer nos travaux de recherche. Ce serait évidemment un bel encouragement pour le pôle et un joli gage d’avenir pour la filière Auvergne-Rhône-Alpes !

Quel est votre ressenti sur la mission de l’association LUTB-RAAC ?

Je pense que LUTB-RAAC est un vrai catalyseur permettant de rassembler les forces autour d’une thématique commune : la mobilité urbaine durable, avec une approche systémique qui va bien au-delà de la simple « fonction produit ». C’est un cercle vertueux au sein duquel chacun peut, à son niveau, puiser de l’énergie, des idées et des bonnes pratiques. C’est aussi une cellule de veille et de tendances stratégiques dans un contexte international assez fluctuant où les transports et la mobilité durable sont en constante évolution. Le challenge pour LUTB-RAAC, à mon sens, est de ne pas rester une cellule de recherche fondamentale mais de créer des synergies débouchant sur des projets concrets et économiquement performants. C’est dans ce sens-là qu’un partenariat actif entre académiques et industriels est indispensable !

Zoom sur l’ENTPE

Fondée en 1954, l’ENTPE (Ecole Nationale des Travaux Publics d’Etat) est un établissement Public à caractère Scientifique, Culturel et Professionnel (EPSCP) sous tutelle du ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie. Elle forme des ingénieurs généralistes dans tous les champs de l’aménagement et du développement durable des territoires : bâtiments, travaux publics, transports, environnement, urbanisme, politique de la ville, gestion des risques…

En 2014, l’ENTPE c’est :

  • 699 étudiants donc 38% de femmes
  • 326 élèves fonctionnaires / 244 élèves civils
  • 7,4 M € consacrés à la recherche
  • 7181 journées stagiaires de formation continue
  • 944 intervenants
  • 48 accords internationaux avec des établissements d’enseignement supérieur
 
 
 
 
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ERCTEEL – Raphaël GENIN

« Dans nos métiers, quand on n’est pas le plus gros, on gagne à être le plus malin ! »

Créée au début des années 1990, ERCTEEL est une entreprise spécialisée dans le domaine de l’électronique de puissance et de la conversion d’énergie, appliquées aux transports et à l’industrie. Repreneur de l’entreprise en juillet 2014, Raphaël Genin est également administrateur du pôle LUTB-RAAC. Il nous parle de l’activité d’ERCTEEL, de ses marchés cibles et des actions menées avec le pôle.

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Dans quel contexte avez-vous repris l’entreprise ERCTEEL en 2014 ? ERCTEEL a été créée en 1992 par 2 ingénieurs issus de chez Alstom. À l’origine, l’entreprise était spécialisée dans la conception de câblage électrique pour les armoires TGV. Début 2000, les fondateurs ont revendu l’entreprise. ERCTEEL a, dès lors, élargi son offre « électronique de puissance » dans l’univers du ferroviaire, du bus et du véhicule électrique. En juillet 2014, j’ai repris la société avec, pour mission, de devenir la référence de l’électronique de puissance embarquée et stationnaire sur le marché des véhicules électriques et urbains.

Quelle est la spécificité d’ERCTEEL ? Notre ambition est d’apporter des solutions innovantes aux professionnels du transport. Notre expérience dans le ferroviaire et les véhicules électriques combinée à notre expertise dans l’électronique de puissance nous permet de proposer des applications très performantes. Nous avons récemment développé une nouvelle gamme de stations de recharge pour bus électrique qui permet de couvrir une plage allant de 40 kW à 320 kW. Ceci permet d’augmenter la puissance de charge électrique des packs batterie du bus. Pour mener à bien ce projet innovant de topologie en sous station, nous avons obtenu une subvention de l’ADEME. Au-delà de cette capacité d’innovation, nous nous différencions par notre réactivité et notre volonté d’amener une réponse sur mesure dans des délais courts. Cette souplesse est un atout majeur par rapport à de grands équipementiers forcément moins « agiles ».

Quels sont vos marchés et clients cibles actuels et vos perspectives d’avenir ?

Nous travaillons avec des gros donneurs d’ordres dans le domaine du transport électrique et du ferroviaire comme Iveco, Heuliez, Blue Bus (groupe Bolloré), Keolis, RATP, Emerson, Leroy Somer… Concernant nos perspectives de développement, il est évident que dans les 10 prochaines années, le marché du bus électrique va se développer de façon significative en France et en Europe. Notre capacité à concevoir et commercialiser des systèmes de recharge embarqués et stationnaires innovants est donc stratégique pour notre croissance. Nous concentrons nos efforts dans ce domaine sur le marché national dans un premier temps. À terme, nous pourrons envisager un essor à l’international mais, vu notre taille, il est important de ne pas griller les étapes.

Quelle est votre relation avec LUTB-RAAC ? En m’investissant personnellement en tant qu’administrateur, mon idée est de développer et entretenir un réseau de grands donneurs d’ordre privés et publics, d’exploitants de partenaires et fournisseurs. Grâce au pôle nous avons eu l’opportunité de participer à des Salons Internationaux comme RNTP Lyon, WES Stuttgart ou Transport Public Paris. Nous avons obtenu la labellisation LUTB pour notre projet « station de charge pour bus électrique » dans le cadre des investissements d’avenir ADEME et du programme Initiative PME 2015. Nous avons également participé au projet de bus électrique ELLISUP en fournissant l’électronique de puissance embarquée en partenariat avec IVECO et RATP. C’est par ce type de projet concret que passe le développement du pôle. En tout cas, à notre niveau, nous en avons besoin pour aller de l’avant et accentuer notre avantage concurrentiel. LUTB-RAAC a un rôle de faciliteur d’affaires à jouer pour des petites et moyennes entreprises comme nous sur la région Rhône-Alpes.

. Création : 1992

. Dirigeant : Raphaël Genin (depuis 2014)

. 10 salariés

. Activités :

  • Dispositifs de pilotage électronique et cartes électroniques embarquées
  • Onduleurs et convertisseurs de puissance embarqués (20kW-80kW)
  • Assemblage et gestion de modules supercaps de stockage d’énergie (100 Wh-1000 Wh)
  • Chargeurs de batterie embarqués pour véhicules électriques (3kW-20kW)
  • Boitiers PWM, odomètres, simulateurs
  • Systèmes de récupération d’énergie
  • Stations de recharge électriques stationnaires ou roulantes

. Marchés cibles :

  • Véhicules industriels
  • Véhicules électriques
  • Transport urbain / bus
  • Equipement ferroviaire
  • Stockage et gestion d’énergie

 

Fondé par :
Renault Trucks Volvo Iris Bus CNH IFP Ifstar CCI Lyon Grand Lyon
Soutenu par :
Rhônes Alpes Ministère de l'économie République Française